Conseil municipal de Saint-Nazaire : interventions du 21 décembre 2019

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Interventions de Gauthier au conseil municipal de Saint-Nazaire du 21 décembre 2019


Délibération n° 13

Budgets primitifs de la Ville pour l’exercice 2020 – Examen – Budgets primitifs annexes de la régie service extérieur des pompes funèbres, du terrain de camping et de la protection et vente d’énergie

Monsieur le maire, cher collègue.

Le vote de notre budget nous donnera lieu à quelques remarques sur la situation financière de la commune. À la lecture de cette délibération, nous sommes bien obligé de constater que le discours de la majorité municipale concernant le bon niveau d’encours de dette vis-à-vis de la strate démographique nazairienne tient forcément de moins en moins, à mesure que le niveau du premier augmente : 36 millions d’euros fin 2013, dans les derniers mois du mandat de Joël Batteux, 54 millions fin 2017 à mi-mandat actuel, et un prévisionnel de plus de 70 millions à la fin du municipe…

Dans vos investissements récents, vous n’avez pas forcément veillé à l’utile et au prioritaire, mais parfois trop symbole. L’exemple le plus criant, ces deux dernières années, semble en être les jeux en bois dits du « Dragon ». Comme nous l’avancions par le passé, le million d’euros investis dans le centre-ville pour les jeux en bois n’ont eu qu’un effet marginal sur la dynamisation du quartier. Vous deviez attirer les familles. Vous avez en fait – malgré vous, certainement – créé un point de fixation malsain pour le trafic de drogue, au cœur de nos commerces.

Vous aurez certainement à cœur, dans votre projet municipal et en marge de vos deux cents et quelques mesures, de vous satisfaire de notre dette, eu égard à ce que font d’autres collectivités de même population. Mais, factuellement, cette dette aura doublement en six ans. Et, tout aussi factuellement, nous nous rapprochons d’un niveau de dette équivalent à celui de 2000, à 76 millions pour rappel. Le projet stratégique à horizon 2024, tant vanté par votre majorité, est bien sûr largement responsable de cet endettement croissant, de dépenses non prioritaires faites prioritairement et de dépenses qui, pour être prioritaires aux yeux des Nazairiens, ne semblent pas l’être aux yeux de vous-même et de vos adjoints.

Les Nazairiens, en particulier, soucieux de leur sécurité, et indisposés à l’idée qu’une délinquance endémique passe successivement ces derniers mois des stades du vol, au tir d’armes à feu, puis au meurtre, demandent semblent-ils majoritairement – nous disons ici le sentiment du « sondage de la rue » – un renforcement a minima en effectifs de notre police municipale. Passons sur la question de l’armement ou des chiens qui, si elles figurent dans le projet municipal de notre formation politique, n’en demeurent pas moins sans doute des priorités annexes pour les habitants de Saint-Nazaire. Ce renforcement souhaité de ces effectifs, au minimum, sollicite bien sûr des crédits : 3,8 millions d’euros si, comme nous le souhaitons, doivent être recrutés quinze policiers municipaux.

Les Nazairiens, de même, attentifs à la propreté et, surtout, la sécurité de leur voirie, sont pour beaucoup désespérés de la médiocre qualité de celle-ci dans un certain nombre de grands axes, y compris de centre-ville. Il y a bien dix ans que, pour certaines rues, les choses ne sont pas faites… Votre adjoint, monsieur Cotta, à mi-mots, l’avait lui-même avoué, la presse locale en avait d’ailleurs fait un dossier éloquent. Là encore, cette situation demande des travaux et des crédits : 3,5 millions d’euros si, comme nous le voulons, la voirie est périodiquement et correctement entretenue.

Mais, la priorité ne semble ni pour vous être dans une offre de police municipale correcte, ni le bon entretien de nos trottoirs et de nos routes. Priorité doit être notamment donnée à la promotion et l’accueil de l’autre par rapport aux nôtres, chose prouvée encore il y a quelques semaines lors de la dernière synthèse de la Fabrique des politiques sociales, à base de « les migrants d’abord, nos mal-logés et nos seniors ensuite ». En effet, vous évoquiez la situation des immigrés non régularisés dès la quatrième minute… et la prise en compte des problèmes de logement et du vieillissement de la population en fin de réunion. Il y a pourtant beaucoup de choses à dire sur ces problèmes, de même que celui de la grande pauvreté : en témoigne l’augmentation de notre dotation de solidarité urbaine (DSU), de l’ordre de 20 % dans les trois premières années du mandat, signe d’un appauvrissement de la population et de la prégnance excessive du logement sociale, toutes choses aggravées par votre assentiment à la politique migratoire du gouvernement. En conseil municipal du 22 novembre dernier, vous n’avez pas semblé varié, en évoquant le nécessaire accueil, je cite, de ceux venant « des autres mondes », formule étrange, d’ailleurs.

Et pour promouvoir cet « autre », rien de mieux qu’une politique de clientélisme associatif, coûteuse pour le budget de la Ville et honteuse vis-à-vis de l’apolitisme qui devrait être le vôtre en la matière. Là encore, les choses devront changer : elles vont changer puisque nous veillerons à l’utilité sociale des futures subventions associatives.

Par notre politique d’économies rationnelles, sans coupe sombre bien sûr, mais sans faiblesse pour les clientèles, les clans, les coteries ; de notre volonté d’un meilleur encadrement des subventions aux associations à la diminution des indemnités des élus, de la réduction des frais de communication de la Ville à la rationalisation des directions des services municipaux, en passant par notre retrait financier d’un certain nombre d’organismes du type « Pôle métropolitain », la dette pourra d’abord être stabilisée. Viendra ensuite, à mi-mandat, le temps de la baisser, à hauteur de 2 % par an.

Ainsi, pourrons-nous raisonnablement viser un encours prévisionnel de dette de 69 millions d’euros fin 2025 ; proposition que nous détaillerons en janvier prochain dans la présentation exhaustive de notre projet municipal. Notre position est en tout cas bien distincte tant de celle de la majorité bien sûr, que de la fausse opposition REM-MoDem en ses murs, dont le représentant pouvait se vanter, en 2018 que, « la maîtrise de la dette [étant] très réelle […] peut-être faudra-t-il augmenter la dette ». Les Nazairiens doivent donc savoir que toutes le listes en présence augmenteront la dette : la liste de monsieur S., comme la liste de monsieur T ; tous, sauf le RN.

Et au-delà de rationnaliser nos dépenses, sera aussi rationnalisée notre approche collective. La conception du budget municipal devrait être l’affaire de tous. Plus objectivement, elle devrait en tout cas être une affaire partagée. Sortons de l’opacité et accueillons des élus d’opposition – nous vous accueillerons donc – dans une participation commune aux arbitrages budgétaires et à la répartition des crédits, pour un agencement mieux concerté de l’argent public, qui est, rappelons-le quand même, l’argent des Nazairiens. Nous formulons cette demande chaque année depuis deux ans en débat d’orientation budgétaire. Opposants, nous ne pouvons que formuler… Majoritaires demain, nous ferons.

Monsieur le maire, chers collègues, nous ne pouvons bien sûr souscrire au budget 2020, pas plus qu’à ceux l’ayant précédé, ces dernières années. Pour la sixième année consécutive, nous voterons donc défavorablement. Et nous ne pouvons bien sûr encourager toutes les oppositions sincères qu’à faire de même. Pour notre part, il ne pourra pas être dit dans le débat public que le RN suive la politique budgétaire de la majorité…

Merci de votre écoute.

Vœu du maire, David Samzun

Sur la réunification des régions de l’Ouest

Monsieur le maire, mes chers collègues. Vous soumettez aujourd’hui à notre conseil municipal un projet de vœu relatif aux régions de l’Ouest de la France, demandant l’organisation d’un référendum pour en réorganiser les délimitations. Comme vous le rappelez en introduction, cette proposition fait suite à une disposition de la loi NOTRE dite de « droit d’option », qui « prévoit la possibilité, pour un département qui le souhaite, d’exprimer son souhait de changer de région administrative ».

La France a modifié l’organisation de ses régions administratives en 2016, partant de vingt-deux régions métropolitaines pour aboutir à treize. C’est sans parler de leur changement de noms, avec quelques réussites remarquées, comme les Hauts-de-France, ou une Normandie unifiée, mais aussi des choix très contestables : la Nouvelle Aquitaine, dénomination illisible, le Grand Est, qui sacrifie l’Alsace et la Lorraine… Ces choix ne sont pas tributaires du gouvernement actuel, mais du précédent, sous François Hollande et Manuel Valls, avec l’aval bien sûr d’Emmanuel Macron, alors ministre. Vous êtes donc responsable de ce que, peut-être, vous pourriez qualifier de « mise en ordre », mais dont beaucoup de Français voient une « mise en désordre ».

Fort heureusement, la Bretagne et les Pays de la Loire ont échappé il y a quatre ans aux redécoupages hasardeux de certaines autres. Mais, patiemment, les socialistes dont vous êtes, qui conservent un pouvoir résiduel dans une cinquantaine de conseils départementaux – dont le nôtre – s’évertuent, une fois encore, à changer la carte administrative de la France, ici de l’Ouest.

De deux choses l’une. Autant le Rassemblement national (RN) est favorable à une Bretagne à cinq départements, intégrant la Loire-Atlantique. Il n’en serait que justice, et nous avons régulièrement manifesté ce sentiment ces dernières années ; au printemps dernier encore nous le faisions savoir lors de la campagne de l’association Bretagne réunie sur cette question. Autant, nous n’aspirerions pas une grande région Ouest unique, projet auquel semble implicitement souscrire ce vœu. Nous ne croyons pas en un « Arc atlantique » – pour reprendre un verbatim d’une de vos interventions de 2014 sur ce sujet – liant administrativement des régions qui, pour être imparfaites dans leurs délimitations, n’ont pas à être régulièrement changées.

Monsieur le maire, chers collègues, merci de votre écoute.

Question orale

Lors de l’atelier de travail concernant le projet immobilier Harmony of the Sky tenu le 5 décembre dernier, Christophe Cotta, adjoint au maire, a de nouveau confirmé qu’il n’y aurait pas de négociations sur cette construction. Comptez-vous davantage prendre en compte l’avis des riverains à l’avenir, dont beaucoup ont fait part de leur opposition ?

Monsieur le maire, chers collègues

Notre groupe souhaiterait revenir sur le projet immobilier Harmony of the Sky, que votre municipalité compte mettre en place dans la Plaine des sports. Un atelier de travail sur ce sujet, organisé le 5 décembre dernier par monsieur Cotta, à destination des riverains, n’a semble-t-il pas abouti à la possibilité d’un dialogue mutuel. Tout comme le précédent atelier, tenu en novembre, la majorité municipale est restée « droite dans ses bottes », comme l’on dit, reléguant les Nazairiens à une marge de manœuvre dérisoire, concernant un projet qui, pourtant, ne fait pas l’unanimité. Quelques deux mille pétitions viennent désormais prouver cette réalité, très au-delà d’ailleurs du seul quartier de Plaisance, immédiatement concerné.

« Demander la couleur des rideaux », « mis devant le fait accompli », « une concertation qui ne rime à rien » : c’est en ces termes qu’a pu être résumée l’amplitude de décision par les riverains, sur un projet qui pour autant les concerne directement, et dont beaucoup remettent en cause le gigantisme, puisqu’il s’agit de deux tours de trente et cinquante mètres de hauteur, respectivement. Pourquoi le conseil citoyen de quartier ne se verrait-il pas confié la mission d’émettre un avis circonstancié sur le projet Harmony of the Sky ? Un tel avis, même consultatif, permettrait d’y voir plus clair, et de faire remonter plus fidèlement l’avis des habitants de Plaisance.

Faute d’un changement réel de majorité municipale, les immeubles Harmony of the Sky sortiront du sol en temps et en heure, dès 2023. Seul le Rassemblement national s’engage à ne pas les construire. Nous n’en tirons aucune fierté particulière, car des convergences seraient nécessaires contre ce type de grands projets, entre les différentes forces politiques.

Monsieur le maire, comptez-vous davantage prendre en compte l’avis des Nazairiens à l’avenir, dont beaucoup ont fait part de leur opposition au projet immobilier Harmony of the Sky ? Des éclaircissements seraient nécessaires, d’où cette question. Merci par avance de votre réponse.

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