Jean-Claude Blanchard sur STX

500px-JCB

Interview de Jean-Claude Blanchard, tête de liste du Rassemblement Bleu Marine (RBM) aux élections municipales de 2014 à Saint-Nazaire

FNinfos : Pourquoi lutter de manière répétée contre l’accord de compétitivité chez STX ?

Jean-Claude Blanchard : J’ai effectivement pris très tôt et très régulièrement position contre cet accord, en mars et avril dernier et, de nouveau par voix de communiqué ce début juillet. Je lutte personnellement contre cet accord — reprenant d’ailleurs la position nationale du FN relativement à l’accord national interprofessionnel (ANI) dit de « flexi-sécurité de l’emploi » — car, moi-même ancien ouvrier des Chantiers de l’Atlantique, je suis un observateur lucide. Et j’observe à ce titre que des entreprises ayant accepté par le passé ce type d’accord, à l’instar de Bosch, Continental ou Goodyear, n’existent plus aujourd’hui ou voient leurs effectifs largement diminués. Cela n’est donc en rien une solution. Depuis trois semaines, environ six cents cinquante travailleurs sont mobilisés à l’occasion des grèves et débrayages à STX Saint-Nazaire, et si je ne peux que voir avec circonspection le soutien que leur apportent certains syndicats qui par ailleurs brillent par leur mollesse vis-à-vis du grand patronat (pour souvent d’ailleurs attaquer le plus petit, véritable moteur de la richesse nationale…), je ne peux que soutenir les ouvriers de STX dans leur démarche.

FNi : Si vous aviez l’opportunité de rencontrer Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement productif, que lui diriez-vous à ce sujet ?

JCB : Je voudrais tout d’abord rappeler ou peut-être apprendre aux lecteurs de cet entretien que monsieur Montebourg s’est dérobé une précédente fois en annulant en avril dernier un déplacement à Saint-Nazaire pour inaugurer le « train de l’Industrie et de l’Innovation ». Trop peur peut-être d’une saine réaction populaire… Me concernant, si je pouvais le rencontrer, je lui ferai part de la nécessité, selon moi, de nationaliser le site de STX Saint-Nazaire, pour sauver tant nos emplois que nos savoir-faires. Actuellement, la France ne détient que 30 % des parts de STX France. C’est largement insuffisant : défendons notre industrie au sens large, tous nos outils industriels, et sauvons STX. Seulement, le gouvernement Ayrault ne veut surtout pas entendre parler d’un tel projet, au prétexte de l' »incompatibilité avec les traités européens », et faisant l’aveu implicite d’un total manque de volontarisme. Cela étonne tellement y compris la presse étrangère qu’un journal comme le Washington Post a pu titrer il y a peu qu’il ne comprenait pas qu’un « président de gauche » (il paraît) ne nationalise pas STX France…

FNi : Qu’en est-il des autres chantiers en Europe ?

JCB : Justement, dire de notre appartenance à l’Union européenne qu’elle est un frein à toute possibilité de nationalisation est une explication pour les petits enfants. Les autres chantiers navals européens pratiquent des politiques protectionnistes quand cela est nécessaire. C’est aussi bien vrai en Italie, où les chantiers Fincantieri ont été nationalisés par un État pourtant en profonde crise morale et politique et tenu en joug par la politique d’austérité de Mario Monti, ou en Allemagne, avec la nationalisation des chantiers Meyer Werft de Papenburg (Basse-Saxe). Il faut avant tout rappeler que la nationalisation n’a rien d’un gros mot ou d’une aberration. C’est se donner les moyens de sauver les emplois et les industries sur le long terme, à l’échelle de plusieurs décennies. Alors, pourquoi pas demain à Saint-Nazaire ?

Visitez notre site de campagne

Aperçu-SNBM

saint-nazairebleumarine.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *